Neighian de Louise Jouveshomme, Éditions Mnémos

Non content d’être le premier roman de Louise Jouveshomme, Neighian est aussi le premier tome d’un diptyque. En voici le résumé :

 

Neighian. Un nom, un tatouage, un art du combat qui fait gémir tout le Continent.

Les Neighians protègent l’Union, pouvoir central et neutre qui rassemble les représentants de toutes les nations, elfes, loups, stygias, vampires, humains, nains ; et maintient une paix fragile entre les états-nations.

Mais les frontières sont des lignes de poudre sur un échiquier politique branlant, et quand un elfe assassine le Dominant de la Meute loup du Nord, c’est le grand brasier qui prend.

La dette de sang n’a plus de diplomatie, et les vieilles alliances se reforment.

Complot ? Coup d’état ? Vendetta personnelle ? Personne ne sait si l’assassin a agi seul ou sur les ordres d’un commanditaire…

L’Union est au bord du gouffre, et c’est sans compter sur l’Ombre et ses Pervertis, qui de jour en jour gagne de ses massacres aliénés les chemins des convois et les villages isolés. Une Ombre dont personne ne sait le nom ni l’origine, mais dont les Neighians sont les implacables limiers.

Pour sauver l’Union, il fallait un miracle, un geste désespéré : Heltia de Cytari, Lieutenant Neighian et protégée du commandant, est chargée secrètement d’une bien étrange mission… Conduire un représentant du Royaume elfe de Fadren au lac des Sirènes pour y entendre leur vérité sur l’assassinat du Dominant Loup, et témoigner de leur jugement auprès du Conseil de l’Union…

Une quête suicidaire au nom de la paix. Et au prix du sang.

 

Avec ce premier roman, Louise Jouveshomme signe une œuvre parfaitement maîtrisée, avec un univers dense et très fouillé. On comprend vite que rien ne sera prémâché : au lecteur de comprendre le sens des mots propres à l’univers de l’autrice au moyen d’indices distillés tout au long de l’histoire ; à lui aussi de démêler les fils de la géopolitique internationale, déjà suffisamment complexe avant qu’un meurtre ne complique encore plus les choses !

C’est d’ailleurs cette implication du lecteur qui donne toute sa maturité au roman. Ça, et le fait que l’intrigue prenne son temps pour se déployer. Une accumulation de petits détails étranges nous fait comprendre petit à petit que quelque chose ne tourne vraiment pas rond, jusqu’au moment où tout s’accélère dans le dernier tiers.

Avant ça, la quête d’Heltia nous offre bon nombre de moments contemplatifs sublimés par la plume quasi poétique de Louise Jouveshomme. Ajouté au fait qu’Heltia elle-même est une héroïne intéressante à suivre car possédant un fort caractère, sans être exempte de failles pour autant, on prend plaisir à la suivre dans sa mission censée ramener la paix dans le continent.

Pour autant, Heltia n’est pas la seule dont nous suivons le point de vue. Difficile néanmoins d’en dire plus, sinon qu’on en comprendra l’intérêt au fil de l’eau, comme pour tout le reste. Neighian est un livre qui se découvre et s’apprivoise, comme un puzzle géant. On ne nous prend pas par la main mais pour autant, un filet de sécurité nous évite la chute libre : les indices semés tout au long de l’intrigue nous font comprendre que Louise Jouveshomme sait parfaitement où elle veut nous mener. Et quand on voit comment se termine ce premier tome, on peut légitimement supposer que nous n’en sommes qu’au début de nos surprises.

 

Bénédicte Durand

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