Nemrod d’Olivier Bérenval

Soyons honnête, j’ai toujours eu des difficultés avec le space Opera français. Non pas que les œuvres soient mauvaises, elles sont généralement solides et bien construites mais il manque la pointe de magie que l’on trouve, par exemple chez Mike Resnick, Dan Simmons ou encore Kim Stanley Robinson. Il existe à ce théorème de nombreuses exceptions heureusement : Yal Ayerdhal, Laurent Genefort ou Jean-Marc Ligny par exemple.
Et bien nous pouvons rajouter à cette belle brochette Olivier Bérenval. Pourtant j’étais passé à côté de son premier roman Ianos qui m’avait laissé mi-figue mi peyotl, je le relirai dans une trentaine d’années quand je serai un peu plus mûr peut-être.
Nemrod est un pavé de 600 pages « écrit petit » et je l’ai attaqué en poussant des soupirs qui auraient apitoyés un CRS psychopathe (ils ne le sont pas tous !!).
Le roman est articulé autour de trois personnages sans aucun rapport les uns avec les autres éparpillés dans la « communauté », la gentille démocratie galactique qui protège ses citoyens avec le grand esprit de solidarité et de fraternité qui caractérise nos démocraties actuelles aujourd’hui (la France, les Etats Unis et la Russie par exemple).
L’humanité s’est étendue grâce à une technologie de « portails » (pas tout à fait mais pas loin). Malin comme d’habitude, nos petits amis libéraux se sont rendu compte qu’il était plus simple donc moins cher de modifier le génome humain que de se livrer à de coûteuses terraformations. Devinez quel a été leur choix ?
D’ailleurs notre premier héros, Tjasse est un autochtone élevé en batterie d’une planète inhospitalière où il est destiné à être un gentil ouvrier agricole. Afin de tenir la population, une religion locale totalement adaptée aux conditions planétaires. Tout va bien donc, jusqu’à une fête locale, genre Spring Break voit la sœur de notre héros autochtone se faire violer par un fils de métayer local. Allez savoir pourquoi, ça va un petit peu énerver Tjasse qui va péter un câble et la tête de l’indélicat.
Czar est une sorte de détective transhumain et pété de thunes. Il réside dans une ville ultra-moderne et est augmenté de nombreux gadgets qui le rendent vraiment performant sur tous les points. Il est recruté par un magnat industrio-crimino-mégalomane extrêmement riche, bref c’est un genre de Bernard Arnault galactique. ET le bonhomme qui a oublié d’être un imbécile sent qu’il se passe quelque-chose dans l’univers (La Force ultra-libérale doit être perturbée) et recrute Czar comme garde du corps.
Enfin, nous avons Gianna, grenadier conscrit space marine, amoureuse de Kausar sa jolie officier. Elle est entraînée comme une brute, l’armée est suréquipée, tout ça pour mater les épisodiques rebellions planétaires parce que faut pas trop déconner non plus.
Ces trois personnages ont un destin bien différents et pourtant…
Pour un amateur qui lit du Space Opera depuis une cinquantaine d’années, pas d’immenses surprises, mais un roman d’une densité exemplaire au scénario très intelligemment construit, des rebondissements, des scènes d’action tout à fait réjouissantes et bien construites. Une très bonne surprise donc de ce Monsieur que je vais suivre avec attention.

 

Jean-hugues Villacampa

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