Les Brigades du Steam de Cécile Duquenne et Etienne Barillier

Tout le monde connaît les Brigades du Tigre, que ce soit historiquement parlant, en faisant référence aux célèbres brigades mobiles créées par Georges Clemenceau en 1907, ou la non moins célèbre série télévisée qui s’est chargé de les remettre au goût du jour dans les années 80.
Beaucoup moins connaissent les Brigades du Steam et pourtant, elles n’ont rien à envier à leur homologues historiques. Nées du mariage entre la romancière Cécile Duquenne et la sommité Steampunk Etienne Barillier, Les Brigades du Steam sont une révision romanesque de ce corps d’élite du début du siècle dernier. A la sauce acier et charbon of course. Que puis-je vous en dire plus exactement ?

En 1907, le Quai des Orfèvres est depuis peu le nouveau centre de la police française. Il est impensable pour les dirigeants que ce centre névralgique des renseignements français soit attaqué. Et pourtant, c’est un commando surarmé et surentrainé qui vient semer la mort dans ces murs parisiens. L’histoire ne nous dit rien de son origine ni de ses intentions, uniquement que le carnage est effroyable et l’impuissance des forces françaises présentes, pourtant largement entrainées elles-mêmes, est totale. En terme d’introduction de roman, on peut difficilement faire mieux : tous les ingrédients sont présents avec le juste dosage. On présente l’univers du roman : la France, dans la première décennie de ce nouveau siècle, un habillage Steam, sans fioriture ni idéalisation. C’est un grand siècle technique, mais une technique utile avant tout. Les personnages importants sont en rapport avec les Brigades du Tigre et le Tigre lui-même. Tous les ingrédients d’un bon roman donc.

Passé ce prologue haletant, nous faisons la connaissance d’Auguste Genevosi, héros bien malgré lui. Auguste est fils d’immigrés italiens, il est monté à Paris pour faire ses classes et devenir Mobilard, agent des Brigades Mobiles. Mais son histoire, pour nous, commence lors de son retour au pays. La suite se déroulera à Aix en Provence. Une aventure gorgée de soleil et à l’accent chantant, parfait pour le dépaysement. Pour sa première mission, Auguste se voit confier la tâche de surveiller et assister un autre agent qui fut blessé en mission. Il existe pire bizutage. Le récit débute dans le genre roman historique puis le style change pour passer presque au roman régional. Les descriptions abondent et nous font voyager dans cette capitale provençale au gré des rues et au rythme du début du 20ème siècle alors encore chargé d’espoirs et de rêves. Un voyage presque pittoresque si l’exposition de la vie des deux personnages n’était pas si dramatique. Parce que oui, Auguste n’est qu’un personnage principal, pas le héros avec un grand « H ». Car le vrai héros ne montrera son visage que vers le 4ème chapitre. Vous vous en doutez il s’agit de l’agent qu’Auguste est chargé de surveiller : Mademoiselle Solange Chardon de Tonnerre. La rencontre entre le bleu, encore jeune et naïf bien que fringant, et la vétérane abîmée par la vie signe le début d’un périple loin d’être reposant. Que ce soit pour nos personnages, qu’on se prend à apprécier voire à envier, ou pour nous, pauvre lecteur, que ce texte empêche de dormir, voire de respirer pour certaines scènes. Une lecture haletante à ne louper sous aucun prétexte.

Pierre-Marie Soncarrieu

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