Les Lames du Cardinal – Pierre Pevel – Bragelonne

Armand Jean du Plessis de Richelieu, l’un des plus grands dirigeants que la France ait connu. Principal ministre de Louis XIII de 1624 à 1642, le Cardinal est principalement connu pour avoir rénové la raison d’Etat qu’il va mettre au profit de son roi et de son pays. Son œuvre, bien qu’immense, se résume en peu de mots : rabaisser l’orgueil des Grands, rabaisser la religion huguenote, élever le nom du Roi à la première place des puissances européennes et combattre les Dragons.

Quoi ? Il y a un problème ? Comment ça vous ne connaissez pas le travail immense qu’a réalisé l’Homme Rouge en combattant ces terrifiants reptiles qui mettaient en péril les royaumes humains ? Dans ce cas je vous conjure de filer dans la bibliothèque la plus proche pour vous enquérir du livre traitant de ce chapitre méconnu de l’histoire : les Lames du Cardinal de Pierre Pevel.

Pierre Pevel est un de ces auteurs prouvant que l’on peut écrire de la Fantasy tout en étant Français. Il a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2002 et le prix Imaginales 2005. Avec ce livre il nous signe un superbe roman de capes et d’épées le tout mêlé à une remarquable histoire de combat entre humains et dragons.

Paris, 1633. Le Cardinal de Richelieu, l’homme le plus craint et le plus haï du royaume, reçoit un mystérieux visiteur. Il donne l’ordre à celui-ci de reformer un petit groupe de bretteurs n’obéissant qu’à lui et disposant d’un blanc-seing pour agir avec la plus totale liberté d’action. En effet, le Cardinal est inquiet : les Dragons s’agitent. Ces redoutables êtres, usant de sorcellerie, ont pris l’apparence d’êtres humains afin d’infiltrer les cours des différents royaumes d’Europe en constituant des loges pour un jour prendre le pouvoir et régner en maîtres. Jusqu’à présent la France est épargnée mais pour combien de temps encore ? Richelieu a besoin d’agents capables d’enquêter et de réagir vite aux problèmes rencontrés. Il confie cette mission au capitaine La Fargue, ancien chef desdites Lames. Celles-ci sont peu nombreuses, nous comptons Almadès bretteur talentueux, Leprat disposant d’une rapière taillée dans une dent de dragon, Ballardieu vieux soldat un peu protecteur, Marciac le Gascon, Saint Lucq, un homme étrange cachant ses yeux derrières une paire de lunettes aux verres rouges mais s’agit-il vraiment d’un homme ? Et une femme : Agnès de
Vaudreuil, qui apporte une touche de féminité à ce monde masculin. Ce petit groupe va devoir affronter les dangers les plus terrifiants, déjouer les complots les plus indicibles afin de protéger la Couronne de France.

Face à eux des Dragons, mais attention des dragons pleins de malices et de ruses, prêts à tout pour parvenir à leur fin. Pour assoir leur pouvoir ces derniers sont capables de se métamorphoser en êtres humains et ainsi corrompre plus facilement les imprudents. A côté de ces êtres diaboliques il existe une étrange sorte de bestioles : les dracs. Ces
derniers sont un mélange entre des êtres humains et des dragons, ils ont une forme humaine mais leur corps parait recouvert d’écailles, ils vivent parmi la population et servent d’hommes de main, de mercenaires et savent se rendre utile à toute sorte de coupe-jarrets. Dans ce monde existe aussi des dragonnets, très appréciés comme animaux de
compagnies ou dresser pour livrer des messages et des colis. Enfin des vouivres sont aussi de la partie : de grands reptiles volants capables de supporter le poids d’un homme (ou d’une femme…) et permettant de se déplacer rapidement d’un bout à l’autre du royaume.

Pierre Pevel nous entraine dans son monde à la vitesse de l’éclair grâce à un style clair et limpide. On pourrait lui reprocher ses (très) nombreuses descriptions de personnages et de lieux mais personnellement cela ne m’a pas gêné. Il est parvenu à créer un petit groupe attachant digne des Trois mousquetaires de Dumas. Nos héros rencontreront d’ailleurs un certain d’Artagnan. Concernant le scénario c’est du déjà vu me direz-vous : un petit groupe de talents va se heurter à une terrible organisation mais l’auteur parvient ici à captiver son lecteur par moult petits détails et par
un compte rendu des duels de toute beauté. On retrouve ici la geste des romans de capes et d’épées avec un soupçon de cinéma à la Jean Marais. Vous souhaitez trouver un livre qui vous entraine dans des rêveries sans fin avec style ? Avec audace ? Que dis-je avec audace : avec panache ? Ne cherchez plus le voici !

MARTIN NUVILLE

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