Les affreusements sombres histoires de Sinistreville Hubert très très méchant – Christopher William Hill – Flammarion

Sinistreville porte bien son nom, dominé par l’Institut, une fondation tutélaire qui forme la jeunesse selon des conceptions bien étranges. Le héros du roman se nomme Hubert Brinkhoff, c’est un jeune homme intelligent et sensible, fils d’un employé de banque et d’une maman à la maison. Tout va bien. La date de tentative d’admission à
l’Institut arrive. Le Papa y a échoué en son temps et ne s’est jamais remis complètement de cet échec. Hubert lui réussit, fait la connaissance d’une charmante jeune fille Isabella et de la dure vie disciplinaire de l’institut dont les règles de fonctionnement semblent se baser sur l’arc Mépris/Humiliations/Sévices… Tous les professeurs, en dehors d’un habile dissimulateur, fonctionnent sur le même schéma avec chacun ses petits travers.

Bientôt va arriver le concours de violon qui permettrait à l’heureux et brillant gagnant de rentrer en possession du violon de Constantin, instrument mythique par excellence. Bien entendu tout ne va pas se passer comme prévu, avec son lot de déceptions et de frustrations.

Puis lors de sévices infligés à Isabella, Hubert prend sa décision : la peur doit changer de camp. Toute la ruse et l’intelligence d’Hubert vont éclater dans l’élaboration de sa machination envers les professeurs de l’institut. Mais l’adversaire possède aussi des atouts intellectuels et la partie va être ardue. Un roman teinté d’un humour bien noir,
peuplés de personnages bons ou mauvais (parfois les deux) tout à fait réjouissants et les aboutissements des plans d’Hubert souvent délectables. Inutile de dire que la morale n’a pas cours dans ce roman (d’où le Très très méchant
j’imagine) mais Hubert se trouvera bien puni par une forme de faiblesse qui heureusement nous frappe tous. Un voyage dans un monde alternatif qui malgré ses excès a bien des caractères proches du notre. Une mention spéciale réservée aux gourmands, les descriptions de pâtisseries étant particulièrement réussies.

JEAN-HUGUES VILLACAMPA

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