Lao Tseu ou la voie du Dragon de Miriam Henke

Pour une fois, je ne ferais pas l’éloge d’un titre annonciateur d’une fiction, ni d’une série ouvrant sur un monde de l’imaginaire, en effet, je vais vous parler d’un ouvrage issu d’une collection philosophique. Tous les livres, quel que soit leur genre, sont imprégnés de philosophie, plus ou moins de manière explicite et plus ou moins de manière assumée, sans parler d’utiliser ces notions à bon escient.

Profitant d’un bref passage à la 25e heure du livre du Mans, alors que je déambulais entre les étals des maisons d’éditions,  alternant un serrage de main de l’inénarrable Jean Luc Houdu, qui présentait ses dernières trouvailles issus du patrimoine littéraire, et un claquage de bises en bonnes et dues formes de l’irrésistible Vanessa Callico, qui vantait les mérites de son illustratrice (qui a réussi le tour de force de me faire ré-apprécier les polars en huis clos), quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur une vieille connaissance. Le temps de me remettre de cette chute métaphorique et de ces retrouvailles, je m’enquis de sa présence au pays de la rillette : stagiaire en salon littéraire pour la promotion de sa maison d’édition « Les petits Platons ».

Par amitié autant que par réel intérêt, je fis donc l’acquisition d’un ouvrage retraçant la vie de Lao-Tseu, me jurant de le commencer le plus vite possible, histoire de juger sur pièce, la qualité du livre susnommé. Je ne fus pas déçu, loin de là. Attendez que je vous explique : quand mon amie m’a présenté la ligne éditoriale, une collection d’ouvrages retraçant la vie et les pensées majeures des grands penseurs, à destination des petits, je fus sceptique, pire qu’une fosse, me demandant bien comment ils comptaient arriver à faire comprendre à des enfants des idées que des mecs ont mis une vie à avoir. Et bien rien de plus simple : on romance la vie de ces penseurs et on explique comment ces hommes ont vécu et ce qui leur est arrivé pour qu’ils finissent par avoir leurs idées. Inutile de rentrer trop dans le détail et dans les subtilités de la philosophie, nos petites têtes blondes auront largement le temps pour ça plus tard. En d’autres termes, il s’agirait presque d’une collection de sensibilisation à la philosophie comme peut l’être « Le monde de Sophie » de Jostein Gaarder.

Et c’est une réussite. En une soixantaine de page, Miriam Henke nous emmène vivre dans la Chine du 5e siècle avant JC, accompagner celui qui écrira bien plus tard « L’Art de la guerre ».  Miriam y évoque tour à tour la vie de ce temps-là, passant du monde rural, berceau du futur sage taoiste, au monde impérial, dans la cité administrative, où Lao fut le contemporain d’un certain Confucius, ainsi que les raison de la retraite et de l’ermitage du vieux sage. C’est clair, concis, illustré par Jérôme Meyer-Bisch et ça envoie du pâté ouzbek à toutes les pages.

Ananas sur le kouglof, il y en a pour tous les goûts dans cette collection. On balaye toute la philosophie, académique aussi bien que moderne ou religieuse, d’Epictète à Hannah Arendt. Mais pas que. On y aborde aussi les penseurs, pères de nos sciences actuelles qui furent à leur époque philosophes autant que scientifiques. Je vous invite donc à découvrir ou redécouvrir Socrate, Descartes, Rousseau, Einstein ou même Bachelard. C’est un vrai plaisir pour les yeux autant que pour l’esprit, une vraie histoire au coin du lit pour les plus petits, voire un cours pour les beaucoup plus grand.

 

Pierre-Marie Soncarrieu

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