Le Bouquiniste a lu : Le Carno ! Episode 2

 

 Les fakirs du pays vertical de Phara CHIBH N°16

Dans « Le prisonnier de la planète Mars » de Gustave le Rouge, Phara CHIBH est un fakir, « complice » de Robert Darvel. De là à imaginer que l’auteur du fascicule ait utilisé un pseudo, il n’y a qu’un pas… Oui, de micro-puce de Folmahaut[1].

Crevett, un oculiste de Bombay, Saunders, de Soho et Rucksack de Genève tous deux d’anciens guides de haute-montagne apparaissent de manière inopinée, les uns à côté des autres sur le flanc du Kalandjrapur[2], un 8000m himalayen de triste mémoire puisque les deux hommes sont les seuls survivants d’une expédition quelques années auparavant.

Bien entendu, l’altitude est très élevée et la  le pauvre Crevett congèlerait sans l’aide de ses amis, ce qui serait le bouquet. Les deux alpinistes font preuve de compétence et de solidarité dans l’épreuve. C’est à ce moment que des fakirs apparaissent !

C’est amusant et bien mené (mais ça ne dépasse pas le Géha, qu’on se le dise !)

 

L’horloge à cinq doigts de Nelly Chadour N°13

Et voici un nouveau membre de l’équipe TRASH à la manœuvre (avec Robert Darvel et Julien Heylbroeck, ça fait trois !). J’ai dit en de nombreux endroits comme j’appréciais Madame Chadour et comme son écriture s’affinait de titre en titre. En voici une preuve supplémentaire avec ce fascicule.

Il s’agit d’un bien joli contounet[3] celtique. Dans la fin du XVIIIème sur une côte d’Irlande dans une auberge, réside Orban, le souffre-douleur de son père, un aubergiste sans scrupule. Dans l’auberge, la population locale est essentiellement composée de pêcheurs, d’un riche voyageur et d’un moine. La vie d’Ordan va se transformer quand une troupe de musiciens, sortie d’on ne sait où, va rentrer dans la gargote et proposer de payer son écot par des chants et tours. En avant-garde, Renardeau, dix ans et d’une effronterie consommée. Rentre Obéron, Titiana et quelques autres à la mise extraordinaire qui entame le tour de chants salvateur. Quand la terre tremble avec violence.

S’ensuivront les pérégrinations d’Ordan et de Renardeau dans une grotte bien sombre peuplée d’une bande monstrueuse qui tente à l’aide d’un moyen répugnant de remettre n outre un étrange objet. Le texte et bien construit et bénéficie d’une fin bien « chadourienne[4] » qui ne surprendra pas les habitués des textes d’un auteur dont j’apprécie décidément de plus en plus le style.

 

Les chœurs de la mer rouge d’Arnaud Cuidet N°3

Arnaud Cuidet est un ancien directeur de Phénomène J Paris[5]. Rôliste de talent, il est passé à l’écriture de fiction lorsqu’il a découvert le festival imaJn’ère où il présentait son jeu de rôle vedette : Metal Adventure, le jeu des pirates de l’espace. Il a publié deux Space Opera chez Rivière Blanche et a d’autres projets mais chut ! Il a donc écrit ce fascicule qui conte un grand nombre de choses en pas beaucoup de place. Henry Bradford est un archéologue à la recherche de l’Atlantide et est bien décontenancé par l’étendue d’eau de couleur rouge qui se trouve à ses pieds. Son convoi automobile tourne autour de cette étendue écarlate, roulant dans le désert quand il tombe sur le squelette énorme d’une créature mythique avant de se fait attaquer par un exemplaire bien vivant dudit mythe ! C’est enlevé très référencé mythologie et se lit avec plaisir, ce qui était le but !

 

Perdus dans la zone commerciale de Romuald Herbreteau N°4

Alors le Romuald, je le connais « bien ». Un petit qu’on a vu naître quasi ! Gagnant de deux concours SFFF imaJn’ère, repéré par le martien Robert Darvel et auteur d’un fascicule « Vénéneuse Vénus » illustré par Philippe Caza himself, il était normal qu’il fasse partie de l’aventure. Monsieur Herbreteau a pris des responsabilités dans l’association puisqu’il est désormais vice-président d’imaJn’ère.

Bon, parlons chiffons ! Sofiane est dans la zone commerciale avec Enzo, un bon pote et son petit frère. Après avoir judicieusement largué le petit frère, les deux jeunes trouvent un coin tranquille pour se rouler un pétard. Pas de bol un vigile les surprend et une poursuite s’engage dans les caves où après une rencontre avec  un clochard de belle facture ils se retrouvent dans une zone où les consommateurs zombies perdus ne seront pas leur seule surprise.

C’est malin et il y aurait une pointe de critique de notre société de consommation avec quelques métaphores de bon calibre que je ne serais pas surpris.

 

Le naufragé de l’île de chair de Jacques Baudou N°1

Alors là : carton rose (encore un !). Alors que je rendais ma copie quinze jours après la commande du sieur Darvel, j’apprenais avec stupeur que j’aurai le N°2 ! Bon, vous allez me dire qu’on peut faire plus vite que ça, c’est vrai que Julien Heylbroeck en quinze jours aurait pu en écrire au moins quatre !

« Oui, mais tu comprends, il a été prévenu bien avant » me dit mon martien préféré ! (Foutu tricheur)

Bon, allons-y. Jacques Baudou , je suis sûr de l’avoir rencontré mais je ne sais plus où ! C’est un grand monsieur de la littérature populaire, anthologue, essayiste et qui n’hésite pas à tremper sa plume dans l’imagination ce qu’il a fait ici !

Hugues se retrouve en pleine mer dans un canot pneumatique avec un sac de voyage. Son dernier souvenir : un cocktail dans un hydravion. Quelques coups de rame et il découvre le camp de base d’une biologiste armée d’une arbalète. Qui les a mis dans cette galère et pourquoi ? Les essais nucléaires français dans « leurs » îles du Pacifique ont laissé plus de séquelles que ce que veulent bien raconter les autorités « compétentes ». Classique mais de bon goût avec un message sous-jacent, ce premier fascicule inaugurait bien l’esprit « aventure » de la collection.

[1] Qui sont petites au point de servir de puces aux poux terrestres !

[2] Ne le cherchez pas hein ? C’est une pure invention de l’auteur qui est facétieux donc…

[3] Petit conte !

[4] Oui, je sais…

[5] Que j’avais recruté à l’époque donc… Non, on ne rouvre pas !

 

Jean-Hugues Villacampa

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