« Ecce homo ! » Jack Vance, un raté de génie… (1916)

La rubrique de Tyrannosaurus Imperium.

Décédé il y a peu à 97 ans, Jack Vance a accumulé une œuvre quasi à la Dumas. Le dilettantisme de sa jeunesse, école d’ingénieur, de journalisme, de sciences lui donne un substrat d’érudition qui est l’une de ses grandes qualités. Bon, il a tout planté mais intelligemment saisi ce dont il avait besoin sur une carrière riche en ouvrages. Il veut s’engager pour bouter le teuton nazillard hors de France mais avec sa vue basse se retrouve relégué dans la marine marchande, se vantant du coup d’avoir sillonné toutes les mers du globe, et ce n’est pas moi qui vais ironiser sur les vantards.

Caza est partout ! (et tant mieux)

Touche à tout de la science-fiction, du space opera à la fantasy, Jack Vance a écrit de nombreux romans policiers dont trois Ellery Queen ! La puissance de Jack Vance réside dans sa qualité narrative, capable de vous embarquer dans un périple à pelure d’oignon aux rebondissements sans fin. Idéologue des années 70, Jack est un grand admirateur de la nature et plus particulièrement des arbres. Jusqu’à des guerres écologiques où la nature devient une arme.

Il avait des écailles… Comme moi !

Bon, alors on lit quoi ? Jack vance est l’auteur de plusieurs cycles intéressants dont le grand classique « Le cycle de Tschaï » ressorti en un seul volume chez J’ai Lu. Détaillons, originellement le cycle est sorti sous la forme de quatre volumes, ayant chacun pour titre les noms de chaque race qui peuple la planète Tschaï. En dehors de leurs noms ridicules, il semblerait que chaque race présente sur la planète soit le résultat de manipulations génétiques effectuées sur des humains. Adam Reith, terrien franchement débarqué, d’un naturel « obtus au grand cœur » va émanciper un échantillon de chaque race présente, éclairant d’un jour nouveau les différentes croyances de la planète. J’ai une petite faiblesse pour Zap 210, la pnume de la bande.  Pour tout autre écrivain que Jack Vance, l’exercice serait périlleux, il est réussi de main de maître et reste LE grand classique de son œuvre.

J’ai pour ma part une préférence pour « La geste des princes-démons ». Classique histoire de vengeance, Kirth Gersen part à la chasse des esclavagistes qui ont déporté la population de son village quand il était tout petit !

Ce sont les princes démons, quatre d’entre eux sont des artistes déchus, le dernier est un extra-terrestre.

Sarkovy… spécialistes… des poisons

Tous vivent dans un univers phantasmatique original, mais le cycle écrit sur une petite vingtaine d’années est surtout le prétexte d’une ballade dans la plus pure tradition du space-opera. Je ne résiste pas à vous citer la planète Sarkovy dont les habitants sont des spécialistes surdoués de la fabrication des poisons, ça ne s’invente pas…

Bien entendu, Jack Vance a créé d’autres cycles dignes d’intérêt.

Le cycle de fantasy « La Terre mourante » est intéressant à plus d’un titre. On y rencontre Cugel, dans une Terre futuriste où les valeurs négatives ont pris le pas sur les positives dans des aventures épiques que ne renieraient pas les Moorcock et autres Tolkien.

…liche Vecna dont chaque morceau est une relique

Qui plus est ce cycle a lourdement inspiré les créateurs de « Donjon et dragons » puisque l’on y retrouve de nombreux aspects de la magie et la liche Vecna dont chaque morceau est une relique capable de magie puissante, n’est autre que l’anagramme de Vance.

N’oublions pas le cycle de « Lyonesse », fantasy pré-arthurienne imprégnée de celtisme et d’Atlantide, ni « Les chroniques de Durdane » hymne à la liberté et la lutte contre la tyrannie.

tout se dévore dans Vance

Sans avoir peut-être la puissance de ces œuvres, tout se dévore dans Vance qui est de tous les écrivains chroniqués dans « Ecce Homo » le plus constant à défaut d’être le plus génial.

 

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