Boudicca Jean-Laurent Del Soccorro

Boudicca – Jean-Laurent Del Socorro – Edition ActuSF (Bad Wolf)

Boudicca, un nom qui fait frémir

Salut les p’tits Loups,

Il y a peu, à Nantes se sont déroulées les Utopiales (le plus gros salon Francophone de SF) et l’équipe imaJn’ère y était pour le pire et surtout le meilleur. D’ailleurs, à ce que j’ai compris, du meilleur, ils en ramenèrent plein leur musette. Des interviews, en veux tu en voilà et surtout des livres. Et ça tombe bien, je vais vous parler de ce que m’a rapporté mon raseur préféré (d’ailleurs il est trop sympa, il me ramène un livre dédicacé à son nom, histoire que j’oublie pas à qui je le dois. Mais ça ne se perdra pas)

Une illuminée gaélique native d’un clan qui s’identifie au lapin

Boudicca, un nom qui fait frémir, et un livre sur lequel je voulais ardemment poser ma patte. Son auteur : Jean Laurent Del socorro. Je ne vous le présente plus, ayant déjà été chroniqué pour son magnifique royaume de vent et de colères dans un ancien numéro, lors d’une de nos émissions et bientôt de retour car il fait partie de la moisson des interviews d’anthologie de cette cuvée Utopique. Autant dire que son CV fait presque office de marque page dans notre association.

Alors autant être honnête tout de suite, j’avais une envie pressente de dévorer sa dernière sortie afin de prouver aux doux rêveurs angevins que non, finalement c’est pas si bon. Comprenez-moi : on va parler, encore, de cette illuminée gaélique native d’un clan qui s’identifie au lapin, et qui a passé la moitié de sa vie à courir à moitié à poil (et encore seulement lorsqu’elle est dans ses bons jours) pour aller taper allègrement du légionnaire romain. Oui, oui, vous avez bien lu, on va parler de cette Vercingétorix low cost. j’ai l’honneur de vous présenter : Boudicca… (c’est vraiment dommage qu’on puisse pas mettre de roulement de tambour par écrit).

Véritable fresque historique romancée

Avant qu’un débat enflammé sur le rôle de la femme à la guerre ne se déclenche, j’ose rappeler que là d’où je viens les femmes guerrières, on connaît, on apprécie et on les adule. Cherchez l’histoire de ma compatriote historique, la princesse Alvhilda, et vous comprendrez. Mais ce livre m’a fait l’effet totalement inverse. Découpé en trois parties on y découvre tour à tour Boudicca enfant, reine consort puis reine guerrière. Véritable fresque historique romancée, ce roman a tout pour être dévoré par les férus d’histoire antique ou de vie romanesque.

Si vous voulez bien m’accompagner, nous allons attaquer cet ouvrage par le menu. Je vous en prie mettons-nous à table.

Le commencement en l'an 28 !

L’histoire, l’historique comme la romanesque, commence en l’an 28 de notre ère dans ce qui sera bien plus tard le comté de Norfolk. Le roi Icenien(clan de Boudicca) : Antedios , le père de notre héroïne donc, se prépare à la guerre non pas contre la tribut de Dana, chère à notre Bretagne mais contre les trinovantes, clan voisin et belliqueux. Ce combat qui se déroulera sur les terres ancestrales des Icenii, à l’ombre de Gogmagog, commence sous de bien funestes présages. La porte bouclier du roi, sa reine consort est absente. Et pour une bonne raison, elle préfère aller accoucher que d’aller au combat, franchement, là, je comprend pas.

Le combat finit par tourner à l’avantage d’Antedios qui confie la victoire à Andraste, déesse de la victoire chez les gaéliques. Mais de son côté Andraste, la femme d’Antedios meurt en couche en mettant au monde la future Boudicca. Je vous ai perdus ? Pas d’inquiétude, je vous donne le résumé : Andraste est morte, vive Andraste. Vous voyez c’est simple.

L’histoire tragique d’une reine de légende

Et c’est ainsi que démarre l’histoire tragique d’une reine de légende. Pendant toute la première partie, nous allons suivre son enfance et son adolescence, l’apprentissage des lettres et des mots, de la guerre comme de la gestion et bien sûr des sentiments. Si cet apprentissage n’est pas réservé à une classe d’élite dans la société gaélique, ni même à un seul sexe, Boudicca part tout de même avec une sérieuse tare : son père est roi doublé d’un guerrier bourru, difficile d’avoir des moments d’intimité, de tendresse et d’amour paternel dans cette composition. A la suite de l’affrontement avec les trinovantes, en gage de victoire et pour s’assurer une paix durable, Antedios exige de son homologue adverse que son fils passe les vingt prochaines années avec eux.

C’est donc en sa compagnie que Boudicca vit donc ses tendres années. Accompagnée par Ysbal, une femme guerrière qui fait autant office de garde du corps que d’enseignante au maniement des armes, et de Caratacos le fils- trophée gagné lors de la bataille contre les trinovantes, Boudicca fait ses armes et son éducation (la frontière est un peu floue chez les gaéliques).

Le jour où Boudicca devient femme, comprenez par là qu’elle vient d’atteindre la puberté, son cher père soucieux tout autant du bonheur de sa fille que du futur de son peuple, choisit un mari pour Boudicca. Et oui, à l’époque, surtout pour les nobles, les sentiments passent après la raison. Mais les gaeliques, comme nos chers ancêtres celtes et pas du tout comme les latins, ce n’est pas parce que vous êtes marié à quelqu’un que vous lui devez fidélité. Mais ça c’est une autre histoire. Papa de Boudicca finit par passer l’arme à gauche, et son gendre devient roi consort des icenii. Jusque là on rentre dans l’histoire familiale classique. Sauf que pif paf pouf les romains s’en mêlent. Ha oui, je vous ai pas encore parlé des romains, c’est vrai… Retour au contexte historique :

« Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains... Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur. Et la vie n'est pas facile pour les garnisons de légionnaires romains des camps retranchés de Babaorum, Aquarium, Laudanum et Petibonum... »

Ha non pardon, c’est pas du tout dans l’histoire ça. On est en 28 après J.-C. Et la gaule est totalement soumise aux romains. Les romains ont déjà tenté une fois d’envahir Brittania mais jusque là ils n’ont jamais pu y établir autre chose que des comptoirs. Sauf que voila, en 44 de notre ère, les romains ont soif de conquête et trouvent le territoire breton fort appétissant. Boudicca veut aller au combat et emporter son clan avec elle mais son père ne l’entend pas de cette oreille.

Il finit tout de même par lui céder d’aller assister à la bataille opposant les romains à Caratacos et ses trinovantes. C’est l’issue de cette bataille qui décidera de la vie de Boudicca, car si le vainqueur est couru d’avance, les romains sont à l’époque mieux armés, mieux organisés et ont une meilleure stratégie, les gaeliques ont pour eux la rage et la fierté. Et lorsque Caratacos reviendra pour se venger de cette défaite, Boudicca se joindra à lui. Pour la suite, Lisez le livre. Pour ma part je l’ai dévoré.

Fenrir

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