Un bon écrivain est un écrivain mort

Un bon écrivain est un écrivain mort – Guillaume Chérel

Un bon écrivain est un écrivain mort

En passant dans une des nombreuses librairies que j’affectionne, mon regard fut immédiatement attiré par ce titre tapageur, je suis sûr que vous comprendrez pourquoi. La quatrième de couverture ne me déçu pas tout en me laissant sur ma faim avec l’envie pressante de dévorer ce livre. Comprenezmoi, il est ici question de littérature, au sens critique du terme, de grands auteurs (entendez par là, les plus vendeurs) et de meurtres en série. De quoi me faire saliver d’avance.

Sans plus attendre, je m’accapare l’ouvrage étant sûr qu’il m’emmènerait jusqu’au bout de la nuit et à l’extase. L’histoire se passe peu de temps avant la rentrée littéraire. Dix des plus grands écrivains de notre époque (entendez par là, dix auteurs parmi les plus vendeurs) sont invités à un week-end littéraire dans un ancien monastère franciscain à Saorge dans les Alpes-Maritimes. J’ai le plaisir de vous présenter : Michel Ouzbek, Christine Légo, Amélie Latombe, Delphine Végane, Frédéric Belvédère, David MikonosS, Kathy Podcol, Tatiana de Roseray, Jean de Moisson et Yann Moite. Dix auteurs à casserole (selon le livre) qui vont se retrouver pour un weekend à devoir vivre en ermite. Autant dire que le sang coulera presque autant que l’encre. Au programme prévu d’avance : tables rondes,
cocktails dinatoires et séances de dédicaces. Mais dans les faits : petits meurtres et faits divers entre amis assaisonnés de disparitions, de malveillances et de hantises, le tout sur un petit rythme entraînant qui n’est pas sans rappeler l’air conjugué du « Mystère de la chambre jaune » et « Les dix petits nègres. ». Outre la sauce savamment orchestrée de la partie polar, ce livre est un véritable procès du monde de l’édition et de la littérature. Les éditions Mirobole sont connues et reconnues pour leur prise de risque en matière d’édition. C’est aussi l’assurance de n’être jamais déçu par les textes, toujours de très bonne qualité, et cette fois-ci ne fait pas exception.

Journaliste indépendant, spécialiste du sport et de la littérature, Guillaume Chérel fut découvert par Saint Jean-Bernard Pouy, dit Papa-Poulpe, qui lui a donné une chance en 1996 (Tropique du Grand Cerf, n°71). Premières pages à l’Huma, service Sports, et dans Pif Gadget, Docteur Justice, Corto Maltese, Rahan…Dernier roman paru, Prends ça dans ta gueule ! (Rocher 2006), inspiré de son passage chez Décathlon comme magasinier intérimaire. Acclamé par la critique littéraire, Chérel reprend son personnage récurent, Jérôme Beauregard alias Chérif Zarbi, et le plonge dans le monde des magasiniers, un univers difficile criant d’injustice pour ce héros. Prends ça dans ta gueule est l’hymne d’un homme seul décidé à mettre un “coup de poing” dans le système. Guillaume Chérel tente de poser une nuance de ton dans un monde souvent manichéen en noir et blanc. Il sort également en mai 2013 Les hommes sont des maîtresses comme les autres et en juin 2013 On the road again (sur les traces de Jack Kerouac).

Fenrir

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