La Pierre Qui Marche – James Brian Jacques

“Là où le soleil du ciel choit et danse au rythme
d’un caillou. Où la terre rencontre le bois, mon
secret gît tapi dessous, et jamais cruel fils de roi ne
s’emparera du symbole que moi je lui vole !”

Dans la contrée de Mousseray, vivent écureuils, lapins, souris, taupes, blaireaux, musaraignes, rats, renards, hermines, furets, fouines, loutres et autres animaux forestiers. C’est une terre calme et paisible. Au cœur de la forêt de Mousseray se dresse fièrement l’abbaye de Rougemuraille, une abbaye aux pierres rouges qui lui donne son nom. Un édifice construit il y a fort longtemps par Martin le guerrier et où vivent depuis plusieurs temps paisibles animaux.

Vous l’aurez compris, ici point d’hommes, seulement des animaux : tous les personnages que nous suivrons au cours du récit sont des écureuils, lapins, souris etc…

La fantasy animalière c’est la spécialité de James Brian Jacques (« “Jacques” à prononcer à l’anglaise hein, pas comme le prénom de votre oncle, parce qu’il est anglais l’écrivain en fait. »)

Rougemuraille ou “Redwall” de son nom original -Ah ouais je connais y’avait un dessin animé sur Gulli comme ça ! -Billy qu’est-ce qu’on a dit, on ne coupe pas les gens quand ils parlent, surtout à l’écrit. Mais oui Billy. En effet, pour les plus jeunes d’entre vous qui lisez, il y a une série d’animation nommée Redwall ou Rougemuraille au Canada, de 36 épisodes dont seulement 26 ont été diffusés en France dans la regrettée émission de France 3 Les Minikeums et plus récemment sur Gulli, comme l’a précédemment mentionné Billy. Et donc je reprends, merci Billy de ta pertinente intervention, tu peux retourner dans le fond de la classe. Rougemuraille ou “Redwall” de son nom original est une série de fantasy animalière, publiée en France par Mango. Et avant que Billy demande, la fantasy animalière c’est un sous-genre de la fantasy qui se caractérise par le fait que les personnages principaux sont des animaux aux comportements ou morphologies humains. Rougemuraille n’est pas très connu dans nos frontières, bien que la série soit traduite en près de 30 langues et vendues à plus de 20 millions d’exemplaires dans le monde.

« La Pierre Qui Marche » est le 17ème tome de Rougemuraille,

-Pourquoi choisir le 17ème alors que parler du premier pour présenter est bien mieux ?

-Bonne question petit Billy, et la raison est simple. C’est celui par lequel j’ai découvert la série, dans une époque lointaine et bénie bien avant que tu existes et que tu viennes me couper sans arrêt !

« La Pierre Qui Marche » raconte un nouveau volume des chroniques de l’abbaye de Rougemuraille, et raconte le plus terrible danger que l’abbaye a subi. Goziar, cruel prince des Terres Glacées du Nord pourchasse son frère Askor qui s’est enfui en emportant La Pierrre Qui Marche, le symbole que tout roi doit posséder pour prétendre au trône. Arrivé à Mousseray, Askor a caché la Pierre en sécurité avant de mourir écrasé par un sycamore. Seule l’énigme qu’il a laissée pour son frère, plus doué pour tuer que pour penser, permettra de retrouver la Pierre. Goziar et son armée d’hermines et de renards, tous aussi assoiffées de sang que leur cruel chef poursuivent Askor jusqu’aux abords de Rougemuraille. Non loin de là deux écureuils croupissent enfermés dans la prison de deux souverains empaffés et stupides. Taratatam Mac Cost et Douglas Mac Prune, deux écureuils des terres du Nord, l’un des basses terres du Nord à l’accent moins prononcé que celui de son collègue, des hautes terres. Ces deux vaillants comparses vont partir à la recherche de la bannière de leurs souverains que Goziar a pillé sur les cadavres des écureuils que son armée a massacrés et dévorés afin d’échanger leur liberté.

Bien entendu en chemin ils rencontreront d’autres personnages qui les aideront dans leur quête et dans la sauvegarde de Mousseray.

J’avais depuis un moment oublié cette série et dernièrement j’ai décidé de relire ce livre. J’ai toujours aimé la fantasy, mais son plus grand défaut reste pour moi ses codes. Des codes dont s’emprisonnent beaucoup de livres du genre et qui crée une généralité pour beaucoup et l’originalité est parfois rare. Bien qu’ici rien ne révolutionne le genre, loin de là d’ailleurs, c’est de la fantasy assez classique dans sa forme, mais la différence se fait sur le fond. L’ayant lu plus jeune et ayant passé un très bon moment à le lire, je me suis demandé si maintenant le plaisir serait le même ou si c’était un livre que seule la nostalgie sauve.

Et bien non, même maintenant c’est toujours un agréable moment à lire. Ce qui fait la force de Rougemuraille c’est certainement le fait que les personnages soient des animaux. Bien qu’ayant des caractères “humains” on ne se perd jamais dans la limite à savoir s’ils sont “humains”. Ce qui d’ailleurs donne un mélange très agréable et parfois burlesque de s’imaginer la troupe d’animaux vivant dans l’abbaye et nos protagonistes sciuridés aux panaches proéminants.

Tous les personnages secondaires, sont particulièrement bien développés ; on s’attache à eux, à leurs caractères et leurs personnalités. Il n’y a aucun personnage que l’on nous présente qui n’ait pas une utilité ou qui serve de figuration.

Si je devais résumer l’histoire ce serait ainsi : Deux écureuils avec un accent écossais assez fort partant à la recherche de la bannière de leurs empaffés de souverains qui devront affronter une armée de vermines sanguinaires et leur chef Goziar le Cruel et qui se feront aider par nombres d’animaux aussi incongrus soient-ils.

Rougemuraille c’est de la bonne fantasy animalière, ce qui explique son succès. Si vous êtes curieux ou si comme Billy vous avez vu la série animée, allez jeter un coup d’œil à ce livre, alors oui ça peut paraître simpliste pour certains, mais c’est ce qui fait le charme si particulier de cette série. C’est un excellent livre pour les plus jeunes lecteurs et une agréable lecture pour les moins jeunes.

C’est bien simple, si Aragorn avait des oreilles pointues, une queue touffue et grimpait aux arbres avec un accent écossais, on l’appelerait Taratam Mac Cost !

Théo Viard

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