La guerre de 14 n’a pas eu lieu – Alain Grousset – Edition Flammarion.

Un très joli roman jeunesse dont le seul défaut réside dans le fait de ne pas avoir être plus développé, à priori contre les lecteurs jeunesse faisant. Il deviendrait souhaitable que les mentalités des directions littéraires jeunesse évoluent. Les grandes réussites anglo-saxonne, qui ont eu d’excellents résultats en France sont des pavés qui n’ont en aucun cas arrêté les lecteurs. Certains auteurs jeunesse de mes amis m’ont expliqué comment ils étaient bridés par des
directeurs de collection à l’esprit d’un autre âge. Le point de départ de ce récit est uchronique. Une uchronie est, rappelons le, un exercice consistant à modifier un élément de l’Histoire humaine et à se projeter sur ce qui pourrait en découler. Par exemple : Napoléon gagne la bataille de Waterloo, qui déclenchera sa chute dans « notre monde », et dans l’Europe de 2014, tout le monde parle français.

L’uchronie de « La guerre de 14 n’a pas eu lieu » se base sur le fait que l’attentat sur l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo a échoué. C’est la réussite de cet attentat qui dans « notre monde » a causé, par un jeu d’alliances complexes, la première guerre mondiale avec ses neuf millions de morts (Le grand Paris…).

« Certains gouvernements sont prêts
à manipuler leurs populations »

Les lignes Maginot et Sigfried sont construites, deux murs fortifiés et armés de chaque coté de la frontière franco-allemande. Le maintien de ces titanesques défenses vampirise toutes les forces vives du continent. Du coup en 2014, l’évolution a donné un monde différent du notre.

En France la science a peu évolué, les trains sont à vapeur. La restriction est de rigueur et le statut des femmes s’est figé. Elles viennent tout juste d’obtenir le droit de vote (qu’elles obtiennent en 1945 « en vrai ») pour des élections municipales. Les nations non-sollicitées par ce conflit larvé ont eu une évolution scientifique plus proche de la notre (satellites, informatiques, etc…)

Les services secrets allemand et français, s’affrontent pour la possession d’un savant qui a mis au point la bombe atomique. C’est dans cette ambiance troublée que Constance, l’héroïne de notre roman, jeune femme naïve est recrutée et manipulée par l’agence d’espionnage français. Mais Constance est douée d’intelligence, de bon
sens et d’humanisme…

Beaucoup de sous-entendus dans cet ouvrage comme le fait que pour certains, la fin justifie toujours les moyens et que certains gouvernements sont prêts à manipuler leurs populations en faisant durer des situations dites d’urgence qui leurs donnent tout pouvoir dont celui de rester en place.

Un gentil roman donc possédant un second niveau de lecture dédiée à l’intelligence et l’esprit critique.

JEAN-HUGUES VILLACAMPA

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